Interview créateur : Julie Yülle

Il n'y a pas très longtemps, nous vous avons présenté l'Arrière-Boutique du passage, où nous avions rencontré la créatrice Julie Yülle.

L'occasion était trop belle et nous lui avons proposé de répondre à notre "interview créateur".

Nous découvrons ainsi une jeune femme douce et entière, pleine d'originalité et de poésie, qui nous dévoile un petit pan de son processus créatif.

 

1. QUI ES-TU ?

Julie Yülle, maman de deux garçons super complices, Gaspard (6 ans et demi) et Elias (4 ans). Je suis au départ une artiste, peintre, sérigraphe, graphiste, mais j'ai une très forte hérédité familiale dans le textile (une grande maison de couture fondée à Mexico par mon arrière-arrière grand-père !) qui a due me rattraper sans que je m'en rende compte, à la naissance de mes enfants. Je me suis aussitôt mise à fabriquer des objets mous pour les protéger, les entourer, et ça m'a donné tellement de joie que je n'ai plus pu m'arrêter, au point d'en faire mon travail tout-à-fait et de me lancer en tant que "marque".

 


 

2. COMMENT TE DEFINIRAIS-TU ?

Je suis une bidouilleuse complète, et j'ai toujours détourné tout ce qui me tombait entre les mains. Je ne supporte pas de faire comme il est convenu de faire, et je me demande toujours comment je pourrais faire les choses par moi-même. Comme j'ai un viscéral besoin de liberté, de libre-arbitre, je ne colle pas aux tendances volontairement, même si je pratique l'autodérision : je suis une vraie bobo, inutile de le nier ! Je pense à la manière dont je consomme et j'essaie de corriger les réflexes inconscients de tous les jours en réfléchissant et en cultivant mon sens critique. C'est pour cela que je ne fabrique que des pièces uniques, et que je ne me résoudrai jamais à lancer ma "marque" dans une logique de production qui ne soit pas à mon image, c'est-à-dire citoyenne et humaine.

 


 

3. LES ORIGINES DE TA MARQUE ?

Je signais mes dessins par un petit surnom ("Yülle") que m'avait donné mon chéri de l'époque, parce que quand on fait du dessin de presse il faut un nom court qui se retient. Un jour j'ai vu qu'on m'avait appelée "Julie Yülle" sur la couverture d'un bouquin, croyant que c'était mon vrai nom, et je l'ai gardé. Ce n'est pas du tout des origines scandinaves, comme certains le croient, mais ça m'amuse !

4. CE QUI T'INSPIRE ?

En général, je vois quelque chose, un objet, un vêtement, n'importe quoi, et je me dis : comment je pourrais fabriquer ça ? Ou quand je récupère quelque chose (des chutes de cuir, de tissu, des vieux vêtements...) : qu'est-ce que je pourrais en faire ?... A partir de ce moment-là vient une grande excitation parce que je sens que je vais m'amuser.
Je suis complètement folle devant les étals de tissus, ou chez Emmaüs et dans les brocantes, mais j'essaie que ça ne se voit pas, je garde un flegme durement travaillé !

 


 

5. LE OU LES MOTS QUE TU ASSOCIES A TA MARQUE ?

Le mot MAIN, d'abord, parce que je fais les choses, et puis je touche les tissus. Éthique, récup', mémoire, couleur et dessin.

 

 

 

6. POUR TOI QU'EST-CE QUI EST INDISPENSABLE EN MODE ?

RIEN !
Si : la mémoire ! Tout ce que je vois revenir à la mode cette année je l'ai vu sur le dos des gens qui m'entouraient dans les années 80. Je regarde les photos de famille et je me souviens de ma mère qui rigolait bien de me voir dans les pattes d'eph et les gros gilets de mon père quand j'avais 17 ans. Je me suis inspirée du gilet à poils bleu électrique de ma mère pour créer ceux que je fais pour les enfants en ce moment, et je retaille des vieilles cravates de mon grand-père pour faire des pochettes de femmes aujourd'hui. Je ne jette rien de ce qui est beau, ou l'a été. Ce qui a une âme, c'est ça qui est indispensable.

 


 

7. TON VÊTEMENT CULTE ?

La culotte ! Parce qu'il faut bien commencer par ça le matin. Du coup, c'est ma première interrogation devant mon armoire. Et puis parce que j'en fabrique, depuis que j'en ai eu marre de ne jamais trouver dans le commerce de compromis satisfaisant entre sexy et confortable. Et comme ça m'énerve de penser qu'on puisse me vendre quelque chose qui ne me plaît pas seulement parce que je ne serais théoriquement pas capable de le faire moi-même, eh bien j'ai essayé ! Et ça a marché. Maintenant je fais des culottes pièces uniques qui peuvent aller à toutes les femmes. Je m'accroche, j'arriverai bien un jour à faire les hauts !

 


 

8. TON PRODUIT CULTE ?

Pour les bébés, c'est la turbulette à jambes : mon fils a tellement détesté la turbulette normale qu'il a fallu que je lui en fabrique une. Ensuite, j'ai découvert que ça permettait de passer les sangles de poussette, porte-bébé, siège-auto, et qu'on pouvait donc sortir sans le déranger pour le recoucher !
Et puis il s'est mis à marcher, et là nous avons retiré les barreaux du lit et il s'est mis à se lever et à venir nous chercher en marchant dans sa turbulette le matin, sans pleurer, et ça a mis toute la maison de bien meilleure humeur.

 


 

9. QUE PEUT-ON TE SOUHAITER POUR LE FUTUR ?

De pouvoir continuer ! Je partage depuis peu un atelier ("l'Arrière-Boutique du passage") avec Marine, alias Madame Zigouigoui, et je suis tellement en phase avec elle que tout ce que je souhaite c'est qu'on puisse faire durer ce moment le plus longtemps possible !

 

 

On vous souhaite à toutes les deux beaucoup de bonheur dans cette nouvelle aventure !

 

On aurait pu en rester là, mais en nous balladant sur le blog de Julie, nous avons découvert deux jolies pépites pour les fêtes :

Une couronne made in Julie Yülle

Le mode d'emploi pour fabriquer de trop jolies boules de "Noyel"

 

A vos doigts de fée !



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